1. #soukatsat10 dernier jour / last day // 12h-19h (at souk @ sat)

     
  2. #soukatsat10 
    28 & 29 nov. 12h-21h // 30 nov. & 1 dec. 12h-19h
    (at souk @ sat)

     
  3. #soukatsat10 
    28 & 29 nov. 12h-21h // 30 nov. & 1 dec. 12h-19h
    (at souk @ sat)

     
  4. // Hh
    Par Louis-Philippe Pratte

    http://www.hh.ca
    https://www.facebook.com/ahauteurdhomme

    Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et décrire votre parcours ?
    L-PP: Mon nom est Louis-Philippe Pratte. Je suis designer et je suis fondateur de la marque À Hauteur d’Homme. Une marque de mobilier en bois, de cuisines en bois du Québec. 

    Pouvez-vous nous parler un peu de votre historique – quelles ont été vos études et quel cheminement avez-vous pris pour donner vie à votre produit?
    L-PP: J’ai fait un BAC en design industriel à l’Université de Montréal et dans ce BAC-là j’ai passé une année à Paris. Ensuite, j’ai fait une maîtrise en design automobile en Allemagne, et c’est suite à ça que j’ai décidé de faire un 180 –tout en restant en design– mais j’avais besoin qu’il y ait plus de sens dans mon travail même si j’ai toujours cette passion-là pour les voitures, qui est un peu loin des arbres… Ça m’a beaucoup appris sur l’image et l’identité d’une marque, son langage. Et c’est vraiment ça qui me passionne au fond. Ces connaissances-là, je les ai transférées dans mon travail avec À Hauteur d’Homme. 

    Je suis revenu au Québec et j’ai commencé ça tout petit, il y a quatre ans. Ça grandit quand même : l’équipe grandit aussi. On a notre premier local ici. C’est vraiment archi excitant.

    Le plaisir pour moi dans À Hauteur d’homme, c’est, oui, le design, mais c’est beaucoup la construction d’une marque. La stratégie d’une marque, l’identité, et c’est vraiment dans cette dimension-là que j’ai le plus de plaisir et le design en fait partie, évidemment. Donc je ne suis pas un artisan, je pense, je suis pas un ébéniste : je suis vraiment un designer industriel. Et ce qui m’intéresse c’est un produit fait en série et toutes les dimensions qui viennent avec : la rentabilité, la facilité de fabrication, l’emballage, le shipping, le positionnement, le marché, tout ça pensé en fonction d’une analyse des tendances. Ça demande une sensibilité et une ouverture sur où va la société, ses valeurs. 

    La valeur, je pense, prépondérante chez À Hauteur d’Homme, c’est l’environnement. Par exemple, on a le programme de reboisement x10 qui replante l’équivalent de dix fois la quantité de bois qu’on utilise pour chacun des produits et chacune des cuisines. Ça va d’ailleurs se poursuivre dans tout ce qu’on fera dans l’avenir aussi. Justement, sur notre site web, on a récemment modifié le bon de commande pour que les gens sachent exactement combien d’arbres sont plantés avec leur commande. C’est de toujours préciser, peaufiner, améliorer nos valeurs et comment on les met en marché, finalement. 

    Est-ce que le bois a toujours été votre matériel de prédilection?
    L-PP: Oui. Et ça va toujours être ça aussi. Je voulais vraiment avoir une marque qui se spécialise avec une matière parce que c’était aussi mon analyse du marché. Je me disais, plus ça va, plus il y a de marques. Pour avoir un message clair, je dois avoir une identité claire. Et si je commence à faire du luminaire, des trucs en métal ou en verre, à un moment donné, à mon avis, l’image va être moins forte. Mon objectif ultime c’est qu’un jour le réflexe des consommateurs québécois soit qu’ils pensent à À Hauteur d’Homme pour tous leurs besoins en bois, quel qu’il soit. Déjà, nous offrons du mobilier en série, du mobilier sur mesure (Hh+), les cuisines et nous commençons des projets de rénovation plus complet. Et il y a en plus beaucoup de choses dont je ne peux pas parler. Mon intérêt pour le bois a commencé lorsque j’étais en Allemagne, où j’ai réalisé que si en France on est Québécois, en Allemagne on est avant tout Canadien. Et la réaction que j’avais à chaque fois était toujours « Ah, wow, les forêts canadiennes c’est beau! » et je me demandais pourquoi il n’y a aucune marque qui capitalise sur ce potentiel d’image. On va tous chez IKEA alors qu’on a quand même une ressource première ici qui est importante et qu’on doit protéger. Alors je me suis dit qu’il y avait une opportunité là. Et c’est donc ce que j’essaie de construire. J’ai envie de créer une marque qui est innovante dans son approche, et tout autant son modèle d’affaire. C’est pour ça que ça a commencé avec du mobilier, mais ensuite des cuisines, et qu’il y a plein d’autres choses qui s’en viennent. Je ne veux pas que Hh soit seulement une marque de mobilier, je veux qu’elle soit beaucoup plus ouverte. Et je tiens à ce que le bois soit toujours notre ressource principale.

    Pour quoi le bois est-il si spécial pour vous?
    L-PP: Le bois a une pérennité naturelle. Même si on laisse une vieille chaise de bois au bord de la rue, quelqu’un va la ramasser, la recoller, la sabler, la repeindre. On dirait qu’il y a une qualité intrinsèque au bois qui fait que les produits en bois se bonifient avec le temps, gagnent en cachet. Même s’ils craquent, s’ils sont «poqués». Une vieille table de bois, c’est beau. Alors qu’une vieille table en plastique, (pfffrt!), c’est pas… (Rires) En faisant du design avec du bois, je n’ai jamais l’impression de faire de la «cochonnerie». Je n’ai jamais l’impression de participer à la surconsommation. On dirait que moi, ça me rassure dans mon rôle de designer. C’est un matériau qui est chaleureux, qui n’est pas prétentieux, qui n’est pas froid. Toutes les planches sont différentes, il n’y a pas d’uniformité vraiment. C’est la même chose avec les humains aussi. Pui, À Hauteur d’homme, le bois est toujours au cœur du projet. . Donc le lien avec l’homme est assez fort pour moi. À Hauteur d’Homme ça vient de là : c’est avoir une attitude qui est fière et humble à la fois, c’est de prendre la nature «à hauteur d’homme», comme notre égale, c’est de la respecter. Le logo Hh représente deux hommes qui sont différents mais proches et égaux malgré leur différence. Et le slogan c’est « l’arbre en nous » ça pourrait être vu quétaine mais l’idée derrière ça c’est de croire que chaque personne a un potentiel infini. Il est intéressant de savoir à ce titre que les produits Hh sont faits par des jeunes en réinsertion professionnelle qui réintègrent le marché du travail en apprenant à travailler le bois. Donc ça c’est une dimension humaine. J’y crois beaucoup. Et il y a un produit qu’on développe en ce moment aussi qui va être encore plus généreux que les autres. À suivre… J’ai envie que À Hauteur d’homme devienne un point de fierté pour les Québécois à long terme. C’est mon objectif personnel et je me laisse le temps qu’il faudra pour y parvenir. J’ai envie de faire les choses bien, et de prouver qu’une entreprise peut être un citoyen responsable, qu’il peut s’agir d’un point, d’un encrage positif dans une société. J’ai envie de croire à ça. Parce que on a besoin d’entreprises aussi, le capitalisme a peut-être des défauts mais on est quand même dans ce système-là. Comment on fait pour bien faire les choses? C’est tout ça qui m’intéresse. C’est pas que faire du design et signer des produits. Je m’en fous un peu, sincèrement. Et c’est pour ça que ça s’appelle pas «Louis-Philippe Pratte Design» non plus. J’ai aucun problème à ce que les autres aient des idées pour la marque. Au contraire. Moi ça me fait très plaisir. S’il y a des gens qui croient à ça et qui ont envie d’embarquer avec moi, pour moi c’est le plus beau cadeau. Je trouve ça extraordinaire de ne plus tout seul à défendre ce projet. Il y a des gens qui y croient, qui embarquent avec moi. C’est vraiment une belle aventure.

    Comment décrivez-vous l’esthétique et le style de vos designs?
    L-PP: L’esthétique de À Hauteur d’homme, je pense est toujours très simple. Mais le défi pour moi c’est de ne pas être simpliste. J’essaie de toujours trouver le petit détail qui fait « ah! ok c’est bien pensé, c’est différent. » mais sans en faire trop. C’est en lien aussi avec le nom de la marque À Hauteur d’Homme, je ne veux pas que ce soit prétentieux. Je ne veux pas que les gens soient intimidés par les designs À Hauteur d’Homme. Je veux que les gens puissent s’approprier facilement nos produits. C’est aussi pour cette raison que les produits sont disponibles sans finition. Car je ne veux pas que nos produits soient intouchables. Je tiens également à ce qu’ils puissent s’intégrer facilement dans toutes sortes de décors. Qu’ils soient de petites «bouffées de simplicité», de calme, de sobriété. Que le design de nos produits ne vole pas le vedette au bois. 

    Quel est votre projet créatif de rêve?
    L-PP: C’est un fantasme, mais je me dis qu’un jour ce serait bien d’avoir une forêt À Hauteur d’Homme. Quand même. Et peut-être avoir le lieu de production au centre de la forêt. Ça c’est un peu le rêve ultime : que les gens doivent traverser une partie de la forêt pour comprendre d’où vient leur produit. De leur faire vivre une expérience qui émotionnelle, leur permettant de comprendre la chaîne de production tout en ajoutant de la valeur au produit. Ça ce serait juste énorme! Mais il va falloir qu’on en vende un petit peu plus pour se rendre là!

    Avez-vous des conseils à proposer à un artiste qui aspire à s’accomplir?
    L-PP: D’être persévérant, tenace. D’écouter mais de ne pas trop écouter aussi. Des fois, j’ai eu des conseils qui se sont révélés être complètement faux. Par exemple au départ, avant même de lancer la compagnie, il y a des gens qui disaient « ce produit-là, ça ne marchera pas. » Mais c’est le produit qui fonctionne le mieux. Il faut apprendre à écouter ses intuitions.

     
  5. 10x10 - HH
    HERMAN - souk @ sat Prise10 (2013)

    Description
    Organisateur de bureau. Pour placer crayons, téléphone et/ou tablette, cartes d’affaires, enveloppes. 

    Détails
    Essences: Noyer, Chêne rouge et Merisier

     
  6. souk @ sat :: 10x10 - HH (À HAUTEUR D’HOMME) from souk @ sat on Vimeo.

    Éditions limités pour le 10ème anniversaire du souk @ sat /// Limited editions for souk @ sat’s 10 years anniversary

     
     
  7. miniMACHIN-MACHINE
    Par Nancy Bergeron

    http://www.machin-machine.com
    http://minimachin-machine.blogspot.ca

    Pouvez-vous nous parler un peu de votre historique – quelles ont été vos études et quel cheminement avez-vous pris pour donner vie à votre produit?
    NB: J’ai fait des études en design industriel à l’Université de Montréal. À ma sortie de l’école, j’ai travaillé, tout de suite à mon compte, comme il n’y avait pas de travail à Montréal à ce moment là dans les agences de design. Je suis devenue auto-producteur en design de meuble : c’est-à-dire que j’imaginais des meubles que je fabriquais en atelier, pour ensuite les présenter dans le circuit des galeries d’art. Beaucoup de chance donc! Ça a été une belle époque! Pendant ces dix années j’ai travaillé en collaboration avec un autre designer, Marc Cramer, notre duo s’appelait NBMC. Ensuite comme consultante, j’ai fait toutes sortes de projets, des intérieurs, des restaurants. C’était très agréable, génial! Avec des petites ardoises pour manger un peu partout. Et il y a eu l’arrivée d’un bébé –le premier, Rodolphe– et quand il a eu six mois j’avais tellement envie de travailler! Un pied berçait sa chaise, pendant que l’autre appuyait sur la pédale de la machine. Tout a commencé comment ça!

    Pourquoi MiniMACHIN-MACHINE? D’où vient le nom?
    NB: MACHIN-MACHINE, c’est un exercice de style : dans une voiture, on est trois amis, on cherche un nom pour une compagnie de design. Il y a eu Travaux Publiques, Mutinerie À Bord, et Machin-Machine. Au départ, Machin-Machine, c’est une espèce de cellule ouverte où l’on travaille à des projets multidiciplinaires. J’ai fait des projets en collaboration avec Stéphane Pratte, mon amoureux, on a fait Bu, le bar à vin sur Saint-Laurent, sous Machin-Machine. Et j’ai fait d’autres projets d’aménagement intérieur, des identités graphiques, du packaging en collaboration avec des designers indutriels et graphiques. Quand j’ai commencé mini_Machin-Machine, c’était trop tentant de rajouter le mini pour les petits. C’est mini_Machin-Machine pour les petits, et il y a maintenant Machin-Machine_atelier pour les grandes, pour les mamans de ces petits. Trois entités en fait, qui sont parallèles. 

    Quelle a été votre motivation pour lancer votre marque, votre produit?
    NB: Quand Rodolphe, le bébé, est né, Stéphane, le papa, mettait toujours les pantalons et les t-shirts à l’envers. En tant que designer industrielle, je considérais que c’était aberrant, mal pensé : je ne comprenais pas qu’on pouvait mettre des vêtements comme ça sur le marché. Alors j’ai commencé à tranquillement imaginer des vêtements plus simples à utiliser, plus simples à enfiler, à entretenir, … Premièrement un bébé ça lève pas les bras, ça a une grosse tête, donc toute la question ergonomique était prédominante dans ma réflexion. Au départ, c’était un passe-temps. Comme de tout façon, je fais tous mes vêtements, depuis mes seize ans, ça a été tout naturel de poursuivre avec les enfants. J’ai appris à travailler différemment, rapidement, parce que t’as une idée, ça prend trois semaines à la mettre en marche, eh ben trois semaines après, ça ne faisait plus à l’enfant!  Les critères de design étaient prédominents,  la longévité du vêtement, l’ergonomie, la facilité d’utilisation. Je n’ai pas droit à de la mercerie, à des boutons, à des fermetures éclairs, à des velcros, parce que les enfants avalent les boutons, parce qu’on prend les cheveux et la peau dans les fermetures éclairs, et que le velcro devient tout sale, et ça fait du bruit. Je définie mon approche conceptuelle par rapport à des critères qui sont très précis et rigoureux. C’est ma charte. Je ne peux pas en déroger. 

    Il n’y a que trois tailles entre six mois et six ans. Les vêtements durent un an et demi au moins. Ils sont un peu trop grands au départ, on roule la manche, on roule le pantalon, on déroule ensuite et on les porte trop petits encore très longtemps. Et donc, il y a le trop grand, le juste ok, et le trop petit. Mais on n’a pas l’impression que le vêtement est trop grand ou trop petit : tout est question de coupe, il n’y a jamais de coutures aux épaules, il n’y a jamais de ceintrage ou de détails inutiles. Le design est le résultat absolu des critères établis à l’origine, à partir de ma charte. Ensuite, on parle de longévité au niveau de la durabilité des textiles, je teste les tissus sur la brique, je les frotte, je les griffe, je les lave vingt fois avant de les choisir et de les coudre. Je fais les prototypes et mes enfants les testent tous les jours de la semaine. On les porte, on les lave. On voit vite si la fourche est trop serrée ou trop grande et on ajuste à ce moment-là, sur autant de prototypes réalisés jusqu’à déterminer la bonne coupe, la bonne proportion.

    Comment définissez-vous votre travail ou ce qui fait que votre produit vous est fidèle et bien à votre style…..quelles sont ses caractéristiques?
    NB: Je dirais que mon travail est un travail en design industriel : ce n’est pas un travail en mode. Il n’y a pas de collection. Il n’y a pas de saison. Les projets sont appelés des projets. Au départ, il y avait Projet #1, pour le souk en 2006, il y a eu les Projets #2, #3. Maintenant il y en a trop, on ne les nomme plus comme ça. Ils portent le nom des vêtements eux-mêmes : la robe qui tourne et qui danse l’année dernière, le pantalon à grande poche, la jupe à carreaux… Les projets sont simplement nommés. Et en dehors du système de la mode parce que les tendances, je ne sais pas c’est quoi. Je travaille avec les textiles que je trouve, que j’assemble, que je coordonne. La finalité, c’est un ensemble de seulement cinq pièces : le pull_capuchon en polar, qui est la pièce maitresse chez mini_Machin-Machine, le jersey, un ti-shirt qui va en dessous, il y a un pantalon, et une jolie robe maintenant. Au départ, tous les vêtements étaient unisexes. C’est important qu’il n’y ait pas de différence de couleur, on ne fait pas de différence esthétique entre un vêtement pour garçon ou pour fille. Mais depuis que Violette est là, en 2008, je n’ai pas pu résister à l’idée de faire une robe. Et maintenant, j’en fais même deux! Les vêtements se portent toute saison, été comme hiver : l’hiver on superpose, et l’été on enlève des couches, tout simplement. 

    Comment décrivez-vous l’esthétique et le style de vos designs?
    NB: C’est une esthétique graphique. Je travaille avec des couleurs, mais aussi avec le noir et blanc, et des motifs à rayures, qui sont la marque de commerce de Machin-Machine. Les rayures c’est ludique! En verticale ou en horizontale, les rayures permettent de créer des effets graphiques intéressants, et rigolos pour les enfants.  Les jerseys se portent de n’importe quel bord, devant et dos interchangeables, je joue avec les rayures pour multiplier les façons de porter le vêtement. Et puis, je dirais que chez mini_Machin-Machine, on n’a pas peur d’agencer des rayures et des fleurs, des pois et des carreautés. On mélange toutes sortes de motifs.  Et le noir et blanc vient adoucir tout ce festival de textures. 

    Diriez vous que vous faites des designs pour des mini_Nancy?
    NB: (Rires) Oui et je l’assume bien!. Chez Machin-Machine_atelier, les femmes sont habillées en Nancy. Mon quartier s’habille en Machin-Machine. À l’école et au café, on s’habille en Machin-Machine! Quand je vois mes vêtements sur quelqu’un d’autre, le style ne m’appartient plus. J’y vois une belle personne bien dans ses vêtements, et c’est cohérent. Cohérent parce que confortable, et versatile. Quand on porte un pull confortable et qui est beau et qui va durer deux ans sans s’abimer, c’est très difficile de mettre autre chose. On va au boulot le matin avec une robe, on change de chaussures et la même robe peut se porter pour une soirée de gala, vraiment!  Chez mini_Machin-Machine, ce sont les enfants, mes petits modèles, qui me le prouve!  Ils sont contents et m’embrassent dans la cour d’école!

    Qu’est-ce qui vous inspire / vous influence?
    NB: Je travaille dans un environnement très doux, la lumière est belle, c’est silencieux. Cet espace de solitude –j’ai besoin d’être seule, vraiment– et de lumière, c’est l’inspiration presque divine. C’est un état d’esprit nécessaire à la création, et c’est obligatoire. Je ne peux pas vivre sans cet environnement. C’est très très profond. Et quand j’ai eu les enfants, j’ai été coupée un peu de cet environnement par manque de temps et par manque d’espace. Et là, je suis en train de le retrouver! Ma vie professionnelle c’est vraiment avec Machin-Machine ici. Et chaque jour, je me sens heureuse et chanceuse. L’univers que je crée dans l’univers où je suis, c’est ma nourriture. C’est vital.

    La rue m’inspire beaucoup! J’arrive de Rome et j’ai vu des silhouettes, des attitudes, des façons de marcher, des agencements de couleurs que je n’aurais pas imaginés. J’aime aller au café, j’y capte des impressions, c’est pas clair et net, pas des influences directes, jamais. Mais voir une chaussette avec une chaussure intéressante, c’est immensément inspirant! Textures, couleurs, proportions. La proportion c’est… quelque chose sur laquelle je travaille beaucoup. « Combien ce morceau par rapport à l’autre? » « À quelle hauteur? » Les vêtements sont vraiment conçus comme des tableaux graphiques. 

    Je ne peux jamais quitter mon atelier sans un cahier dans mon sac. J’ai des cahiers qui sont des petits satellites –c’est comme ça que je les appelle – ils sont moins lourds et plus petits que les cahiers d’atelier. Ils sont toujours dans mon sac. Je vais aux concert – au café – au dentiste - et j’ai mon cahier. Pour une impression, un idée, une forme, un mot. Dans mon sac, j’ai toujours mon cahier et beaucoup de crayons de couleur. Le travail inspirant se passe dans mes cahiers.

    Quel est le projet qui vous a procuré le plus de satisfaction?
    NB: Je dirais que c’est chaque nouveau projet qui me donne de la satisfaction. J’ai cousu tous les vêtements mini_Machin-Machine depuis le début. Ça représente des centaines, des milliers. Maintenant, j’ai tellement d’expérience en couture, je peux créer des vêtements qui sont faciles à faire, irréprochables au niveau de la confection, impeccables au niveau de la coupe et toujours je cherche –comme designer industrielle – à faire des coupes qui n’en sont pas. C’est-à-dire que je ne patronne pas à la façon des stylistes en mode; la robe, la prochaine robe pour le souk, n’est faite que d’un seul panneau, coupé en ovale, une couture à l’arrière, un ruban d’ajustement. Mes critères esthétiques sont liés à l’usage, en faire une robe qui tourne, le plus simplement possible, avec le moins d’intervention au niveau de la coupe, avec le moins de perte de tissus.  Je suis assez fière de cette robe!

    Pouvez-vous décrire brièvement le processus créatif et celui de la production de votre produit?
    NB: Je commence par aller voir dans mes cahiers, les cahiers que je traine partout, mes petits satellites, et je me copie moi-même. Je fouille dans mes cahiers et j’y trouve des inspirations.  Je dessine avec des feutres de couleur, des petits dessins, des notes, des critères toujours. Des critères d’usage. Si je fais une poche, à quoi elle va servir la poche? La poche des pantalons d’enfants sert à transporter les trésors. Donc elle grande, elle est énorme, elle a un soufflet pour pouvoir mettre du volume… II y a tout de suite, dès la première étape, les critères de confection qui entrent en ligne de compte : couture de renfort à cet endroit-là parce que la pierre va être lourde et il ne faut pas que ça déchire. Ensuite, je prends du carton, je commence à patronner, à la main avec crayon et ciseaux, je n’ai jamais appris le vrai métier de patronniste, je le fais à ma manière en autodidacte. Le premier patron, j’écris TEST #1 et la date. Je travaille tout de suite avec le tissu final, je fais tous les prototypes dans les tissus qui ont été sélectionnés. J’en fait un premier, on l’essaie aux enfants. J’ai pas toujours des bébés sous la main maintenant  que mes enfants sont grands! J’invite des ami(e)s, on prend le thé, et on regarde l’enfant qui bouge dans mon vêtement, je prends des notes. Et prototype #2, prototype #3 et quelques fois il y en a beaucoup comme ça jusqu’à une douzaine pour certains modèles plus difficiles à patronner. Les patrons numérotés je les garde. Parce que quelques fois je peux me rendre dans une version qui est moins intéressante et je reviens en arrière. Le travail à l’ordinateur me sert à faire la représentation graphique. Mon atelier est comme un laboratoire. Il y a du papier, du carton, des feutres, du tissu et tout ça fait un heureux bordel.

    Comment savez-vous quand vous arrêter ou que votre produit est prêt ou fini?
    NB: Quand je vois que l’enfant est confortable. Les enfants me disent, ça ça marche, ça ça ne marche pas. Le but, c’est que l’enfant soit capable de se mettre à genoux sans que ça craque, qu’il aime s’habiller le matin, qu’il aime le matériau, au toucher surtout. Faire du beau devient simple ensuite.

    Pouvez-vous nous parler de l’apport de vos enfants dans votre processus?
    NB: Mes enfants sont mes muses. Mes enfants savent ce que c’est une muse. Je leur dit : « Ah, Rodolphe, tu es ma muse. » Et Rodolphe a beaucoup beaucoup d’idées. C’est lui le responsable de la poche d’un mètre de long. Il m’a demandé ça l’année dernière. Finalement la poche fait douze pouces, quand même! Une poche pour transporter ses trésors. Rodolphe, cette année, m’a demandé des pantalons dans lesquels il pouvait mettre ses mains pour marcher sur la rue. Il a huit ans, c’est un grand garçon (rires). Les pulls multicolores qu’on va voir au souk cette année, ils en sont les auteurs. Je n’y suis pour rien. C’est pas moi faire du multicolore. Et c’est un résultat extrêmement heureux. Ils arrivent à me sortir de ma zone de confort.  Et ils sont réellement inspirants.

    Mon monde créatif est fait de lumière et de solitude. Et je suis dans mon environnement, très heureuse avec la lumière du Nord quand il pleut ou quand il fait soleil avec la lumière de 2h00. Et donc il y a une temporalité durant ma journée qui fait que mon monde créatif est très très très vivant. Quand j’ai eu les enfants j’ai été coupée de mon monde créatif, comme tous les parents (toutes les mamans, tous les papas). Et ça a été assez difficile. Et j’essayais de travailler de travailler avec un enfant dans les bras et j’y suis arrivée. Un petit peu. Mais j’y suis arrivée vraiment bien maintenant que les enfants sont plus grands et qu’ils font partie de mon monde créatif, plus seulement de mon monde familial. Les enfants sont vraiment tout autour de moi quand je travaille. La maison est ouverte. Il y a pas que mes enfants, il y a plein d’enfants. Il y a des ribambelles. Je fais la collation. Je retourne travailler. Ils viennent couper des tissus. J’ai des assistants aussi. Les petites voisines viennent couper mes fils, ranger mes bobines. Il s’est passé une belle rencontre entre mon monde créatif et ma réalité familiale. Et cette rencontre-là est extrêmement heureuse maintenant. Les enfants sont les inspirations. Sont les muses dans mon travail. Ils me proposent des choses, ils me confrontent! Ils me disent : « Mais pourquoi ça?…Tu devrais utiliser du fil orange au lieu du fil turquoise. Ou du noir et du blanc… » Ils ont des idées très très intuitives et instinctives. Ce que nous on perd avec les années de travail. Ils sont loin du concept. Moi je suis cérébrale. Eux, ils sont simplement…POUF!… joyeux, candides et directs. Alors voilà!

    Quels sont vos plans futurs?
    NB: Je travaille trop. Mais j’ai un souci de rigueur, dans la confection, qui m’oblige à travailler tout à l’interne. Je ne veux pas donner de sous-traitance à un atelier. Je veux contrôler toutes les étapes. Il n’y a aucun vêtement qui est sorti d’ici avec un défaut, et j’y tiens absolument. Les vêtements sont très simples, les détails de confection doivent être irréprochables. Ça demande du temps et beaucoup d’attention. Aujourd’hui, il y a Mélissa qui travaille avec moi depuis septembre, elle travaille à la coupe, elle est l’assistante à l’atelier. Pour janvier, je cherche une couturière ou un couturier qui aurait envie de s’investir dans l’aventure Machin-Machine. Je cherche quelqu’un qui va avoir envie de bien travailler et de travailler ici avec bonheur. En parallèle à ça, je cherche aussi un ou une associé(e). (Rires) Je cherche un associé parce que je ne peux pas tout faire. Je ne peux pas créer, diriger l’atelier et vendre. Et si j’ai envie de grandir –un petit peu, pas beaucoup – j’aimerais un partenaire de projet qui pourrait, de façon créative, développer le marché Machin-Machine. Il y a de nouvelles façons de faire des affaires, et j’aimerais inventer notre façon.

    Pourquoi avez-vous décidé /choisis de présenter vos produits au souk @ sat pour la première fois?
    NB: Parce que mes ami(e)s m’ont dit : « ah, c’est beau ce que tu fais, tu devrais faire le souk ». J’ai dit « ben, pourquoi pas?! ». J’ai présenté un dossier.  J’ai fait quatre-vingt-quinze [95!] pulls différents. J’aime les approches conceptuelles, j’aime quand il y a un ensemble, cohérent, dans lequel tous les éléments sont uniques. Je travaille toujours avec une matrice conceptuelle, dans laquelle chaque modèle fait parie d’un tout, d’un ensemble identitaire. J’ai fait les quatre-vingt-quinze pulls avec ma maman qui est couturière et Rodolphe qui avait neuf mois. C’était sportif! De souk en souk, une clientèle archi fidèle a commencé à me suivre. Mes clients me disent : « J’ai encore la robe en polar que j’ai achetée il y a trois ans. » C’est mauvais pour moi en fait! (Rires) Ils n’achètent pas assez! (Rires) On me dit : « J’ai la tuque que j’avais achetée, tu sais, à l’époque tu faisais du mauve et… » Le souk c’est vraiment ça pour moi, c’est magnifique!

    Voulez-vous nous parler de votre produit en édition limité pour le dixième anniversaire du souk?
    NB: Je me suis cassée la tête – agréablement – pour répondre à la commande du Souk pour son 10e anniversaire.  J’ai eu très vite envie de partager mon monde avec mes petits modèles.  Offrir une expérience de création, comme une journée en atelier, de la même façon qu’on le vit ici, avec les enfants, les miens et tous ceux du quartier!

    J’ai imaginé une espèce de « kit » de création : des échantillons de polar, des dessins comme des patrons, des dessins pour se pratiquer à colorier, un processus à suivre, une commande à passer, une création dont on est l’auteur :

    La trousse mini_créateur : c’est un processus en 10 actions pour créer, il y 10 échantillons de polar et 10 couleurs de fils pour la couture.  L’ensemble représente la réalité de l’atelier en ce moment : je travaille avec ces couleurs, avec ces 10 fils, et de cette manière, telle que proposée dans la trousse.

    L’enfant va recevoir sa trousse à Noël (probablement!).  En l’ouvrant, il y verra plusieurs feuillets avec des titres étranges : explorer, prototyper, patronner, commander, …  Les 10 actions pour créer sont nommées et expliquées dans des termes réels, et poétiques aussi.  Le mini_créateur va composer son vêtement, un pull_capuchon, en harmonisant, en composant, en coordonnant, en jouant avec les 10 couleurs.  Il va patronner, c’est à dire, il va indiquer à l’atelier comment réaliser son vêtement, et finalement, il va passer sa commande et l’expédier à l’atelier pour confection.

    Je tenais à ce que le processus se fasse, à la manière ancienne.  La trousse est réalisée à la main, écrite et cousue.  L’enfant va travailler sur du papier avec des crayons, va couper ses tissus, va aller à la poste avec son bon de commande.  L’atelier va réaliser son vêtement selon les spécifications du mini_créateur, et va le mettre à la poste.  La magie du transport postal est à l’oeuvre, c’est l’attente, la découverte à l’ouverture d’un paquet.  C’est le monde de MACHIN-MACHINE, un monde magique!

    Pour plus de détails, consultez le blogue de Nancy ici.

     
  8. 10x10 - MINIMACHIN-MACHINE
    Trousse . mini_créateur . MACHIN-MACHINE - souk @ sat Prise10 (2013)

    Description 
    10 Trousses numérotées ;
    10 fils de couleur ;
    10 échantillons de polar ;
    10 actions pour créer .

    Détails
    MACHIN-MACHINE a choisi de proposer à ses petits modèles une démarche de création, une invitation dans son monde. En 10 actions significatives, le mini_créateur MACHIN-MACHINE va d’abord élaborer une harmonie chromatique – l’ensemble de couleurs qui personnalisera son vêtement – puis il créera le pull_capuchon, l’habit le plus emblématique de la production de l’atelier.

    La Trousse de création mini_créateur MACHIN-MACHINE est un mode d’emploi pour comprendre, s’initier et explorer la création, avec comme finalité, la réalisation d’un vêtement, un pull à soi, et unique.

     
  9. souk @ sat // 10x10 - MINIMACHIN-MACHINE from souk @ sat on Vimeo.

    Éditions limités pour le 10ème anniversaire du souk @ sat /// Limited editions for souk @ sat’s 10 years anniversary

     
     
  10. RAPPEL // REMINDER
    #soukatsat 18+ SVP, faites passer le mot - Merci! Please, spread the word - Thank you! (at souk @ sat)